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Scénos Urbaines à la Biennale de Dakar 2010 -
Scénos Urbaines à la Biennale de Dakar 2010 / Performance de la Cie 1er Temps dans une rue de Dakar. Un projet avec X-Réseau (Théâtre Paris Villette) et la Cie 1er Temps // Urban Scénos at the Dakar Biennale 2010 / Performance by the Cie 1er Temps in a street of Dakar. A project with X-Réseau (Paris Villette Theater) and the Cie 1er Temps and ScU2.
Ces films étaient originellement visibles online. Les caméramen sont ce que nous appelons des "caméra performers". Ils sont danseurs de la Cie 1er Temps, avec une caméra à la place de l'oeil. Ils se déplacent, dansent, et filment // These films were originally visible online. The cameramen are what we call "camera performers". They are dancers from the Cie 1er Temps, with a camera on their eye. They move/dance, and they film.
Les Scénos Urbaines
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Le projet des Scénos Urbaines interroge au travers d’actes d’artistes les complexités et changements des villes contemporaines, les dépendances et différences entre les pays dans un monde globalisé et multipolaire. Ces questionnements sont actualisés et testés par des pratiques immersives dans un espace urbain donné, en vivant et travaillant dans un territoire, en construisant des relations et partageant des expériences avec les communautés locales.
(ScU)2 (Scénographies Urbaines 2) est un collectif fondé en 2000 par François Duconseille et Jean-Christophe Lanquetin, intervenant en tant qu’artistes, scénographes, commissaires, enseignants, opérateurs. Les projets portés par (ScU)2 s’articulent autour d’un réseau informel et international d’une centaine d’artistes visuels, performeurs, écrivains... La relation de compagnonnage à ce réseau structure et questionne nos interventions : coréalisation de projets, circulations et résidences d’artistes...
L’objectif principal de (ScU)2 est d’inscrire des dispositifs de création en immersion dans le contexte de grandes
villes du monde, en co-réalisation avec des collectifs d’artistes locaux. Les Scénos Urbaines, événements en
milieu(x) urbain(s) en sont la manifestation principale. Chaque résidence est un processus de longue durée qui
s’attache à prendre en compte les réalités multipolaires du monde d’aujourd’hui en les travaillant de l’intérieur :
différences de contextes, écarts (culturels, économiques...), distances, représentations (intersubjectivité,
histoire...), mais aussi méandres du désir de faire ensemble... Comment penser, comment agir, comment créer
avec cela ? Comment inventer des dispositifs qui ouvrent des espaces de possibles communs dont la cohérence se
cherche entre la pensée et la pratique ?
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Les projets
Les Scénos Urbaines rassemblent pendant un mois entre 20 et 30 artistes internationaux dans un quartier où nous vivons, travaillons et exposons. Il est demandé à chacun de développer une proposition en articulation avec le territoire urbain, ses habitants, leurs tactiques de vie, leurs espaces, leurs imaginaires, leurs pratiques. Il s’agit d’aller au devant des publics, d’impliquer les habitants comme témoins et participants. Les réalisations sont présentées in situ dans le quartier, en fin de résidence lors d’un “festival” de 4 à 5 jours.
Les projets se structurent autour des principes suivants:
de croisements de points de vue d’artistes d’origines géographiques multiples sur un territoire urbain vécu et regardé en commun
de relations directes, non médiatisées, aux publics des quartiers où nous intervenons (l’art est pour tout le monde au sens où n’importe qui doit pouvoir y accéder)
d’une prise en compte des contextes urbains avant tout danspour leur dimension vécue, pratiquée, pour ce qu’ils génèrent dans l’imaginaire de leurs habitants
de questionnements sur le devenir de la ville comme espace commun.
4 résidences de Scénos Urbaines ont été réalisées à ce jour : 2002, Douala - New Bell avec le Cercle Kapsiki ; 2004, Alexandrie – El Max avec Gudran ; 2006, Kinshasa – Lingwala avec Eza Possibles et 2009, Johannesburg – Drill Hall avec The Joubert Park Project. Une résidence virtuelle (à distance) s’est déroulée à Paris-Belleville en 2010, les projets seront publiés dans le n° 14 de la revue d’art contemporain, Livraison. Une nouvelle résidence est en préparation, fin 2012, à Dakar (Sénégal) / Ouakam, avec La Cie 1er Temps (danse contemporaine).
(ScU)2 réalise depuis 2009 des restitutions des résidences intitulés « RR=FF » (Rewind-Forward) qui prennent des formes diverses, entre installation, récit et re-enactment (Johannesburg Artfair 2009, Théâtre Paris-Villette 2009, Art Basel 2009 - Focus09, Maillon - Théâtre de Strasbourg 2010, Biennale de Dakar 2010).
Enfin, (ScU)2 développe depuis trois ans à Paris / Belleville (où le collectif est implanté) un processus au long cours de relation au quartier, sous forme notamment de résidences d’artistes. Le numéro 14 de la revue d’art contemporain « Livraison » est consacré à une résidence « virtuelle » (à distance) de Scénos Urbaines à Belleville. Un principe d’inversion des regards « sud-nord » structure ce projet et ouvre sur de nouvelles perspectives, la Chine et la question de l’espace public en France actuellement.
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Fondamentaux
Dans un projet d’échanges et de compagnonnages avec des artistes de pays dits du « sud », notre origine française nous situe, fait d’emblée sens, voire génère des malentendus. Ceci est renforcé par le fait que les Scénos Urbaines se sont à ce jour essentiellement déroulées sur le continent africain. La question n’est plus alors de se demander “quoi faire?”, mais aussi surtout “comment faire?”. Comment poser des bases qui instaurent dans le contexte du monde post-colonial des principes d’échange et de travail collectif qui respectent la position de chacun et prennent en compte les écarts.
Les Scénos se sont fondées au départ sur quelques principes pragmatiques qui tiennent plus du « bon sens » que du projet curatorial :
Les Scénos sont un projet d’artistes, qui n’a aucune vocation humanitaire ou sociale.
C’est un principe de compagnonnage entre (ScU)2 et les collectifs d’artistes d’autres villes qui prévaut à la mise en place des résidences et au choix des villes et quartiers. Les résidences sont intégralement co-réalisées entre un collectif local qui connaît le quartier où nous intervenons et un collectif invité (production, choix des artistes, des lieux, décisions artistiques...).
Il s’agit là d’un processus organique né d’un travail en réseau au long cours qui se construit non pas de l’extérieur, mais à partir de rencontres, d’échanges d’idées, de principes éthiques, de travail entrepris en équipe et ouvert à une grande diversité de possibles. Cette organicité est l’un des aspects qui font la singularité des Scénos Urbaines aussi bien pratiquement que théoriquement.
Nous prenons le temps qu’il faut pour que les conditions de ce travail en commun soient effectives (entre 2 et 4 ans de préparation). Cela implique de nombreuses circulations, des résidences préparatoires, ainsi qu’un engagement concret sur les questions de visas et de libre circulation.
Ces principes contribuent à rendre possible l’accès et la vie dans les contextes urbains où se déroulent les résidences, contextes à priori difficiles à aborder tant pour des étrangers que pour nombre d’artistes locaux qui, souvent, n’y sont jamais intervenus.
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Zones d’ombre
Ces principes n’enlèvent rien à la complexité des enjeux que traverse un tel projet, ce que nous appelons les Zones
d’ombre des Scénos. Les petits riens de la relation sont ici souvent le signe d’enjeux plus larges, d’écarts. De toutes
parts. En Europe, on est souvent confronté à des incompréhensions autour de l’exotisme, de la différence, des « autres », de l’universel, de l’impensé… La complexité vient aussi des artistes et partenaires, souvent dans les formulations, les
détails, les silences, les absences... Enfin, il y a, lors des résidences, la manière dont nos corps deviennent étrangers,
hyper visibles, avec les fragilités que cela implique, le passé dont on est porteur et qu’il y a à assumer... C’est dans la
manière de porter attention à ces décalages que réside aussi une part essentielle du projet des Scénos.
Un réseau certes, mais instable, inéquitable, disparate, évanescent, haché, parfois insupportable, multiple,
tourbillonnaire, inachevé, faible, dormant... Et évidemment parfois très actif.
The Urban Scénos
The Urban Scenos questions through acts of artists the complexities and evolutions of contemporary cities, their links and differences in a globalized and multipolar world. These questions are updated and tested by immersive practices, by living and working in an urban area, by building relationships and sharing experiences with local communities.
(ScU) 2 (Urban Scenographies 2) is a collective founded in 2000 by Francois Duconseille and Jean-Christophe Lanquetin, speaking as artists, curators, teachers... The projects led by (ScU) 2 are built around an informal international network of one hundred artists, performers, writers ... The companionship dimension of this network structure and question our interventions: projects in coproduction, artists residencies, circulations... For (ScU)2, the main task is to stage dispositifs de création in immersion in the context of major world cities in co-production with a local group of artists. Each Urban Scénos residency take place after a long term process that seek in the way we produce the project, to take into account the realities of the multipolar world of today: distances, representations (intersubjectivity, history ...), differences of contexts, economic, cultural... which means consider how such an event can generate long term effects in the area, in terms of educational, economical, and cultural aspects.
4 residencies were carried out to date: 2002, Douala / New Bell with Cercle Kapsiki, 2004, Alexandria / El Max with Gudran, 2006, Kinshasa / Lingwala with Eza Possible, 2009, Johannesburg / The Drill Hall with Joubert Park Project. (SCU) 2 staged since 2009 a serie of presentations of the residencies entitled "RR = FF" (Rewind, Forward) who take various forms, from installation, feedback and re-enactment (Johannesburg Artfair 2009; Paris-Villette Theatre 2009; Art Basel 2009, Focus09; The Maillon Theatre
of Strasbourg 2010; Dakar Biennale, 2010). (SCU) 2 has also been developing for three years in Paris / Belleville (where the collective is based) a process of artists residencies. In addition a virtual (distant) residence took place in Paris-Belleville in 2010. Projects will be published in the contemporary art magazine Livraison (n°14). They will also be exhibited in the streets of Belleville in july 2012, with the Maison des Métallos.
In such a project of exchanges with artists from so called "south" countries, our origin (French, European) places us, makes sense right away, generates misunderstandings. The question is no longer to ask "what to do?", but "how to do?", how to establish in a post-colonial world, principles of exchange and work in common that respect everyone's position and take differences into account : the Scénos are based on some pragmatic principles which are about "common sense":
This is an artists project who has no social or humanitarian purpose in the practice of artists, but pays attention to the economical and structural aspect such a residency can generate in the area where we work.
A principle of companionship between (ScU)2 and local collectives or company is prevailing in the establishment of the residencies and the choice of cities and neighborhoods. The residencies are fully co-produced between the two partners (choice of artists, production, artistic decisions...).
This is an organic process related to a long-term network built from encounters, exchanges of ideas, ethical principles, work undertaken as a team and open to a wide range of possibilities. This organicity is a singularity of Urban Scenos both practicaly and theoreticaly.
We take the time it takes for this joint work to be effective (2 to 4 years of preparation for each residency). This implies circulations, preparatory times and formats, and a commitment on the issues of visas and free movement of persons.
These principles are what makes possible the access to daily life in urban contexts where the residencies take place, contexts a priori complex both for foreign as for many local artists who often have never occurred. But they do not detract from the complexity of the issues we are going through, what we call its shadows. The little things of the relationship are here often as a sign of broader issues, gaps. From all sides. In Europe, we are often confronted with misunderstandings about exoticism, difference, ideas of the other, the universal, the unthought, all related to our past, including colonial. The complexity comes also through formulations, details, silences, absences ... And there is, during the residencies, the way our body becomes strange, hyper visible ghosts, with the fragilities that it implies, with the past we are carying and we have to assume ... Paying attention to these shifts is an essential aspect of the Scénos project. A network of course, but unstable, unfair, disparate, evanescent, chopped, sometimes unbearable, multiple vortex, incomplete, weak, sleeping... And of course, sometimes very active.
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